Anthropologie du corps, des sciences et des techniques, des arts et de la mémoire

samedi 14 mai 2011

Gradhiva - 13 - Pièges à voir, pièges à penser

Coordonné et présenté par Carlo Severi
Parution Mai 2011
http://gradhiva.revues.org/

« Ce dossier est consacré à une réflexion, entre anthropologues et historiens de l’art, sur le rôle de l’ambiguïté dans la représentation visuelle. Potentielle, double ou chimérique, l’image ambiguë a récemment suscité la réflexion, dans les deux disciplines, en termes nouveaux. Pour en rendre compte, nous avons réuni des recherches menées par des ethnologues et des réflexions suscitées par l’exposition Une image peut en cacher une autre, où le thème de l’ambiguïté de l’image était appréhendé du point de vue de l’histoire de l’art. 
En dialogue avec des historiens de l’art, des ethnologues interrogent, à partir d’autres horizons, la notion de chimère. Selon les différentes cultures, entre invisible et donné à voir, cette notion peut se décliner d’une autre manière que dans la tradition occidentale, se radicaliser, ou se démultiplier sur d’autres registres que la seule vision. 
C’est cette complexité de l’image ambiguë, et l’espace de recherche que cette complexité ouvre en anthropologie et en histoire de l’art, dont ce dossier de Gradhiva vise à témoigner. »

SOMMAIRE
Dossier : Pièges à voir, pièges à penser. Présences cachées dans l’image
L’espace chimérique. Perception et projection dans les actes de regard 
par Carlo Severi 
Le masque de l’animiste. Chimères et poupées russes en Amérique indigène 
par Carlos Fausto 
Le graphisme sur les corps amérindiens. Des chimères abstraites ? 
par Els Lagrou 
Flûtes des hommes, chants des femmes. Images et relations sonores chez les Kuikuro du Haut- Xingu 
par Bruna Franchetto et Tommaso Montagnani 
Récursions chimériques. De l’anthropomorphisme des robots autonomes à l’ambiguïté de l’image du corps humain 
par Joffrey Becker 
Jean-Hubert Martin et la pensée visuelle 
Entretien entre Jean-Hubert Martin, Carlo Severi et Julien Bonhomme 
Nubes cum figuris. L’interprétation des nuages comme paradigme moderne de la création et de la perception artistiques 
par Dario Gamboni
Etudes et essais
L’ethnographie comme chasse. Michel Leiris et les animaux de la mission Dakar-Djibouti 
par Julien Bondaz 
Les métamorphoses d’Omai 
par Giordana Charuty 
Images mémorables pour un texte immuable. Les catéchismes pictographiques testériens (Mexique, XVIe-XIXe siècles) 
par Bérénice Gaillemin

mercredi 4 mai 2011

Séminaire Arts Robotiques (Artmap) - 11 mai 2011



Séminaire Cognition et Création : les Arts Robotiques 
Séance du 11 mai 2011 - 16h30 à 18h30 
Musée du Quai Branly, salle 2 
Organisé par Denis Vidal, directeur de recherche à l'IRD 
Emmanuel Grimaud, chargé de recherche au CNRS 
Joffrey Becker, doctorant à l'EHESS 

De l'objet de laboratoire au sujet social - France Cadet

Scientifique détournée par l’appel de l’art, France Cadet, née en 1971, n’est pas la première excentrique à développer une certaine fascination pour la robotique. Son travail aborde régulièrement une réflexion sur les limites de la science, sur l’artificialisation de la vie et l’eugénisme, sur la relation, ambiguë, complexe, anthropomorphique, affective ou délétère qu’entretient l’homme avec l’animal, qu’il soit robotique ou de chair et de sang, mais également sur une étude comportementale humaine traitant de la sensualité et de leurs stéréotypes. Ses installations multimédia, souvent ironiques, ludiques et grinçantes, s’exposent sur la scène artistique nationale et internationale…

Son travail s’est vu récompensé par VIDA 6.0, un Concours International sur L’Art & la Vie Artificielle, aux Digita Awards 2004 à Tokyo, et a été acheté par le Musée de Badajoz en Espagne, le MEIAC.

Il a récemment été exposé à Paris à la galerie Numeriscausa et à Slick, mais également à la Galerie Roger Pailhas, à La Vilette, au Palais de Tokyo, à Lisbonne (galerie Quadrum), à Pittsburgh (Wood Street Gallery), en Espagne (MEIAC,  ARCO, Laboral centro de Arte de Gijon, Centro Andaluz de Arte Contemporáneo de Séville), au Brésil (Museu do Estado de Pernambuco de Recife, Emoção Artficial 3.0 à Sao Paulo), en Italie (Palazio delle Arti Napoli), en Autriche (Ars Electronica), en Corée, à Tokyo, à Shanghai… 

France Cadet mène par ailleurs des stages robotiques depuis plusieurs années maintenant et dirige l’atelier robotique de l’Ecole Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence.

La plupart des pièces de France Cadet traitent de problèmes sérieux mais sur un ton plutôt ironique et ludique: des jouets rigolos, des jeux vidéo cocasses, des animaux de compagnie mignons, des machines attrayantes, des robots séduisants…  

Dans une grande partie de son travail elle utilise un robot chien du commerce sur lequel elle pratique des actes de chirurgie électroniques, elles les customise, les transforme et les reprogramme avec des comportements inhabituels. Ces nouvelles créatures étranges lui permettent d’incarner les interrogations et les peurs actuelles à propos des biotechnologies,  du droits des animaux, du danger du clonage, ou encore de l’eugénisme, et de faire une critique sociale à propos des questions éthiques et des conséquences possibles d’un futur dirigé par la technologie, à travers une caricature certes ironique mais basée sur des faits réels.