Social Anthropology - Robots, AI & Society

vendredi 3 février 2012

Technologies symboliques et anthropomorphisme


J'aurai le plaisir d'intervenir dans le séminaire animé par Carlo Severi : L'image rituelle, Agentivité et Mémoire. La séance sera consacrée aux technologies symboliques et à l'anthropomorphisme.

Mercredi 14 mars, de 14 h à 17h - Musée du quai Branly, 75007 Paris, salle 2

mercredi 25 janvier 2012

SAVE AS DRAFT - Atmosphères en négociation



Exposition à Sciences-Po
Du 20 au 27 février dans la péniche

Du 13 au 27 février dans la bibliothèque

Une équipe de chercheurs et d'artistes du Programme d'expérimentation en arts et politique (speap) a suivi la simulation "Copenhague, et si ça s'était passé autrement", un événement qui a impliqué plus de 200 étudiants à Science Po, du 6 au 10 juin dernier, avec l'intention d'orienter les négociations vers un accord plus ambitieux que l'original.

Save as draft revient sur les événements qui ont marqué cette simulation, en mettant en scène certains des objets qui ont traversé les étages et les salles de la rue Saint-Guillaume, et s'y sont transformés. A travers des films, des drafts du texte de négociation, des schémas, timelines et autres documents, save as draft explore les possibilités de restituer des matériaux d’enquête sans les figer dans une interprétation. L'exposition tente de saisir la portée d'un jeu qui, partant de questions réelles, n'a cessé de brouiller les rôles et dont les enjeux dépassaient le simple exercice de simulation.

Une exposition imaginée et réalisée par Joffrey Becker, Aurélien Gamboni, Axel Meunier, Simon Ripoll-Hurier et Sandrine Teixido. Coproduction SPEAP et l'association LMEC, avec le soutien du Ministère de l'Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement.

Sciences Po, 27 rue Saint-Guillaume 75007 Paris

mercredi 21 décembre 2011

Appel à candidatures : Programme d'Expérimentation en Arts et Politique (SPEAP)



La crise de la représentation est fréquemment évoquée lorsqu’il s’agit de politique, alors même qu’elle est générale et planétaire, qu’elle concerne aussi les domaines scientifiques – les chercheurs peinant à renouveler leurs problématiques et leurs méthodes – et qu’elle prolonge celle qui agite, depuis maintenant deux siècles, les mondes de l’art, en quête de pertinence politique et de liens renouvelés avec les sciences sociales.
Nos difficultés à représenter ce que nous sommes et ce que nous allons devenir, mais aussi l’urgence à y parvenir, sont particulièrement mises en lumière par la crise écologique. Les controverses sur les causes et la durabilité du changement climatique, et donc sur la nécessité d’opérer ou non une transformation de notre mode de vie, sont notamment induites par la multiplicité des lectures existantes (politique, économique, sociale, etc.), abusivement cloisonnées. La prise de décisions butte ainsi sur notre incapacité collective à représenter les enjeux d’une façon à la fois exacte, sensible, sensée et partagée. 
Si nous voulons apporter une réponse à cette triple crise de la représentation, être à la hauteur des enjeux actuels, parvenir à composer un monde commun et relancer ce qui fut toujours la grande ambition de la politique – créer un espace public vivable et partageable -, nous devons davantage collaborer, apprendre des uns et des autres et avancer ensemble.
D’où le projet de créer à Sciences Po une formation originale et unique à ce jour renouant les liens entre les disciplines. Nous voulons inventer une nouvelle façon de travailler dans laquelle les pratiques artistiques jouent, au même titre que les méthodes scientifiques, un rôle essentiel dans l’analyse conjointe d’un problème de société, avec, en ligne de mire, un objectif : la prise d’une décision politique.
SPEAP entend ainsi contribuer au débat public et à la recherche sur les modes de représentation des enjeux contemporains les plus vifs et, par là, à la reprise de la grande question politique : Dans quel monde souhaitons-nous vivre ? Quelle version du mondial et du global est préférable ? Comment représenter et simuler ces différentes alternatives ?

Nous faisons également le pari que faire travailler ensemble des artistes et des chercheurs, pendant un an, autour de projets concrets et réels, en contact permanent avec ce qui se fait de mieux dans le monde dans ces domaines, ne peut que favoriser des carrières d’excellence.  Telle est la double ambition de SPEAP. 

Bruno Latour
Directeur de SPEAP (Sciences Po – Expérimentation en Arts et Politique)
Directeur adjoint de Sciences Po, chargé de la politique scientifique.



EXERCICE IMPOSE CANDIDATURES 2012 :

Nature : acteur ou décor ? Quelles conséquences sur vos pratiques.

Nature : actor or backdrop ? Which consequences in your practices.



CALENDRIER
fin novembre 2011 : ouverture de l’appel à candidature
5 avril 2012 : date limite pour la validation des dossiers en ligne

2 mai 2012 : résultat de l’admissibilité.

Mai-juin 2012 : entretiens.
15 juin 2012 : communication des résultats.

Télécharger le Manifeste compositionniste

CYSP-1

CYSP 1. dansant, 1956
"Intégrer la vie à la matière", c'est en ces termes que Jean-Louis Ferrier résume l'approche cybernétique de la sculpture spatiodynamique de Nicolas Schöffer. Conçu en collaboration avec la firme Philips (qui permettra également à Edward Ihnatowicz d'élaborer The Senster), le projet de Schöffer s'affirme comme une libération des contraintes de la sculpture. Il suit trois principes : 

La suppression des volumes opaques et l'utilisation exclusive de l'ossature apparente contrepointée par les rythmes des éléments plans, l'utilisation de la couleur et des sons extraits par percussion de la sculpture même, enregistrés et diffusés électroniquement, et finalement, le mouvement autonome, organique, disons même intelligent, grâce à la cybernétique, qui permet à la sculpture d'offrir aux spectateurs un spectacle toujours varié et différent réalisant dans un seul objet une synthèse totale entre la sculpture, la peinture, la chorégraphie, la musique et le cinéma. (source: http://www.olats.org/schoffer)

En 1956, CYSP-1, la première sculpture autonome comme le souligne Éléonore Schöffer, est intégrée au programme du Festival d'avant garde de Marseille. Sur le toit de la Cité Radieuse, elle évolue avec les danseuses du ballet de Maurice Béjart sur une musique de Pierre Schaeffer. L'œuvre est aujourd'hui remisée dans l'atelier de l'artiste et attend qu'un musée s'en porte acquéreur.



Pour aller plus loin :
Internet : http://www.olats.org/schoffer/cyspf.htm
Vidéo : http://www.ina.fr

jeudi 10 novembre 2011

À propos des erreurs survenant dans les instruments de mesure


“Comme on ne peut, dans la fabrication des instruments de mesure, atteindre la précision que l'on a à l'esprit, que ce soit en matière d'égalisation des surfaces ou de disposition des divisions et des trous aux endroits convenables, il est inévitable que des erreurs surviennent dans ces choses, de même que dans l'ajustage. Presque toute construction est sujette à des imprécisions, qu'elles soient apparentes ou cachées. Si l'instrument est en bois, il gauchit, surtout s'il se trouve à un endroit exposé au soleil et à l'humidité. Selon les connaissances théoriques l'expérience et le soin apportés dans le métier, les erreurs sont plus ou moins graves. À cela s'ajoute, chez l'observateur la pratique de l'ajustage, de la mesure, etc. Croire que n'importe qui est en mesure d'effectuer des mesures, sur simple commande, sans entraînement préalable, et que tous les instruments de mesure donnent des résultats corrects, c'est être dans l'erreur. Celui qui veut obtenir de tels résultats doit d'abord consacrer beaucoup de temps à connaître ces instruments et à s'exercer à mesurer, jusqu'à ce que les mesures qu'il effectuera soient enfin basées sur la connaissance de la précision de son instrument et sur son expérience de la mesure.”

Ibn Yünus (m. 1009) trad. Armand-Pierre Caussin de Perceval


Istanbul Museum of History of Science and Technology in Islam
Has Ahırlar Binaları Gülhane Parkı Sirkeci/Eminönü Istanbul/Türkiye

vendredi 7 octobre 2011

Machines cosmologiques ?

De l'horloge de Giovanni de' Dondi au tore robotique de Julius von Bismarck




On sait combien l'imitation de la nature, à l'appui de l'automatisation, à été fondatrice du mouvement vers les sciences. Sans revenir jusqu'à l'histoire naturelle de Pline et au duel fameux remporté par Parrhasios, ni aux automatismes de l'antiquité dont la robotique aime à raconter l'histoire, il est nécessaire de noter que c'est au Moyen-Âge que se fondent les principes d'une mécanisation de l'univers prenant forme dans l'objet. On connait le vif intérêt des mécaniciens du Moyen et d'Extrême-Orient pour les automatismes hydrauliques de mesure du temps ou les calendriers mécaniques. En Europe occidentale, c'est au moment où l'univers s'invente comme une machine, qu'une révolution silencieuse s'engage. 

Jean Gimpel montre bien comment l'horloge astronomique conçue par Giovanni de' Dondi au XIVe siècle forme un modèle réduit du système pensé par Ptolémée. L'observation des mouvements célestes et des forces qui en fondent alors le mystère conduisent à l'élaboration de toute une série d'objets, dont certains reprennent la forme des processus qui ont été observés. C'est le cas pour l'horloge de Dondi, qui intègre des roues dentées ovales reproduisant les trajectoires décrites par la Lune et par Mercure, et qui prend en considération deux mouvements de la planète Saturne. L'horloge intègre et combine deux types de connaissance jusqu'alors bien distinctes, une pensée du temps et une pensée de l'espace. L'ambition de Dondi n'était pas seulement de concevoir un mécanisme d'une très grande précision. Cet automatisme devait également apporter la preuve de la constance du mouvement des planètes. L'objet suscite la fascination de ses contemporains et, jusqu'au XVIIIe siècle, de nombreux horlogers tenteront de percer le mystère de son fonctionnement. Il faut souligner que, au bas Moyen-Âge et à la Renaissance, les horloges mécaniques sont considérées comme des objets merveilleux, capables d'imiter le mouvement perpétuel des cieux et des créatures vivantes, et donc de constituer de véritables modèles de l'univers.

Johannes Kepler
Mysterium Cosmographicum
1596
Si l'horloge participe de l'élan vers une conception mécaniste de l'univers autant que du mouvement de curiosité fondateur des sciences modernes, l'intérêt pour la représentation artistique des théories cosmologiques semble en revanche s'être dissipé. À une époque où l'imitation de la nature dépendît surtout de l'intérêt des peintres pour la géométrie et la perspective, on pouvait facilement imaginer que les horloges pussent être d'abord pensées comme des représentations fidèles des théories développées par les astronomes. Mais à présent, la modélisation cosmologique moderne, en multipliant les hypothèses concernant la forme de l'univers, semble avoir considérablement compliqué la possibilité même de représenter la théorie.


Le travail de la forme de l'univers semble toutefois être au cœur du problème posé par l'artiste allemand Julius von Bismarck, et son Self Revolving Torus. Cette curieuse machine cherche en effet à illustrer l'hypothèse d'un univers fini dont la forme serait un tore. C'est d'abord vers un retour de la curiosité que semble s'orienter un tel projet. En effet, si la fascination pour les horloges astronomiques traduit une curiosité pour l'érudition elle-même, telle qu'elle s'organise alors à travers les collections des kunstkammers, un tel objet semble s'inscrire dans la perspective d'une nouvelle conjonction entre les sciences et les arts. Mais ce projet semble également retourner à la proposition fondatrice de l'analogie récursive formulée à travers les horloges astronomiques du Moyen-Âge et de la Renaissance, résumée par l'anthropologue Roy Wagner, et selon laquelle "les machines fonctionnent de la manière dont fonctionnerait la nature si elle était une machine".





Un tel objet expérimente en fait la relation de la forme et du sens. Mais traduit-il pour autant un mouvement fondateur d'une unité retrouvée de la nature et de la culture ? Horst Bredekamp souligne que les frontières entre l'art, la technologie et la science s'effacent progressivement, et d'une manière tout à fait comparable à ce qui formait jadis l'unité visuelle des kunstkammers. Les sociétés hautement technologiques d'aujourd'hui, écrit-il, font l'expérience d'une nouvelle révolution copernicienne, en ce qu'elles passent d'une domination du langage à une domination de l'image. En cela, on peut penser avec lui que les sciences ne peuvent aujourd'hui faire l'économie de l'histoire des arts.


Pour aller plus loin
Livre : Horst Bredekamp, The lure of antiquity and the cult of the machine, Princton, Markus Wiener Publishers, 1995
Internet : Julius von Bismarck

vendredi 3 juin 2011

Les Mardis de Courrier International - 7 juin 2011





Le film Plug and Pray de Jens Schanze, Grand Prix du festival Pariscience 2010, sera projeté dans le cadre des Mardis de Courrier International. La projection sera suivie d'un débat animé par la journaliste scientifique Virginie Lepetit, auquel je participerai en compagnie d'Alain Dutech. 

Les Mardis de Courrier International 
MK2 Quai de Seine - Le 7 juin à 20h30 
Entrée : 7,70 euros