Social Anthropology - Robots, AI & Society

lundi 21 septembre 2026

Robots Care: Urban Metabolism and System Design

 


Robots Care: Urban Metabolism and System Design

Joffrey Becker

Metabolic Interventions: How Architects and Urban Planners Reshape Urban Life

Chaire Ville Métabolisme, PSL, Collège de France

16 sept. 2026

Paris

This paper explores the methodological challenges involved in extending questions of care, traditionally addressed in therapeutic and social robotics, to robotic and AI systems operating in urban environments. It starts from the premise that the city can be understood as an assemblage of technical objects, infrastructures and practices that supports the vital functions and agency of those who inhabit it. From this perspective, extending care beyond the human–robot relation requires first understanding how urban environments are actually experienced. This perspective shifts the way the Smart City is approached. Whereas performance-based approaches seek to make urban situations comparable through indicators, an approach centred on the milieu starts from situated experience and from the differentiation of bodies, practices and vulnerabilities. Durkheim’s distinction between mechanical and organic solidarity helps to formulate this shift as a move from a city understood through common and aggregated properties towards a city understood through the differentiation and interdependence of the experiences that constitute it. This distinction also calls for a shift in design practices themselves, particularly in relation to robotic systems. Rather than merely studying how an innovation is used once it has been produced, the aim is to investigate the situations in which the urban milieu constrains or supports life and agency, in order to identify appropriate forms of robotic intervention. From this perspective, the challenge is not to add care to urban robotics, but to determine, prior to design, where, for whom and under what conditions the urban milieu can support the situated experience of its inhabitants.

mardi 1 septembre 2026

[AAC] Drôles d'Objets 2027

Drôles d'objets

Un nouvel art de faire

Nancy

30 juin - 2 juillet 2027

https://drolesdobjets27.sciencesconf.org/

Robots, artefacts autonomes, objets connectés et systèmes d’intelligence artificielle : comment concevoir et appréhender ces drôles d’objets qui occupent aujourd’hui une place croissante dans notre quotidien, qu’il soit privé ou professionnel, et qui renouvellent nos interactions avec les autres, avec les technologies et avec le monde ?

Nous sommes de plus en plus souvent invités à entrer en relation avec des robots ou des machines, que ce soit à des fins pratiques (thérapeutiques, professionnelles, scientifiques), artistiques ou ludiques. Ce type de relation semble dépasser le simple usage fonctionnel, la réaction automatique et l’action mécanique, pour s’ouvrir à des interactions lors desquelles nous tentons d’interpréter le comportement de ces objets, de leur prêter des intentions voire de se coordonner ou de coopérer avec eux. 

Pourquoi et comment sommes-nous tentés ou forcés d’interagir avec ces objets singuliers qui s'animent, bougent et évoluent ? Quels processus cognitifs, sociaux, culturels ou quels procédés interactionnels sont mobilisés ? Dans quelle mesure ces interactions transforment-elles notre rapport aux autres, aux technologies et au monde ? Quelles méthodes adopter pour expérimenter, observer et analyser ces interactions ?

Robotique, IA, art, design, anthropologie, psychologie, philosophie, sciences du langage, sciences cognitives, neurosciences… chaque discipline propose des concepts, des notions, des méthodes et des outils spécifiques, mais ces objets nécessitent souvent d’être analysés dans des contextes pluridisciplinaires. Quelles réponses la philosophe peut-elle apporter au roboticien ? En quoi la psychologie peut se nourrir du travail de l'anthropologue ? En quoi l’analyse multimodale des interactions contribue-t-elle à la conception de robots ou de systèmes interactifs ? Les artistes peuvent-ils contribuer à l’approche sociolinguistique des interactions ? Que peuvent apporter les approches ethnographiques, les pratiques artistiques ou le design à la compréhension de ces interactions particulières ? Que peut apporter la robotique aux artistes, aux designers et aux recherches en santé ou en sciences humaines et sociales ?

L’objectif de cette conférence est de croiser les regards des disciplines et pratiques scientifiques sur ces drôles d’objets et les interactions qu’ils suscitent. 

L'interdisciplinarité est au cœur de cette conférence. Elle sera pratiquée, expérimentée et discutée à partir de théories, de projets, de méthodes et/ou de terrains concrets. Pour se faire, les discussions seront organisées sous forme de tables rondes autour de trois grandes questions sur la thématique de l'interaction avec des objets à comportements.

Conception de l'objet : à quoi doit ressembler un objet animé ?

Comment conçoit-on un objet animé interactif sans nécessairement recourir au langage verbal ou à l’anthropomorphisme ? Quels sont les paramètres, les caractéristiques et les propriétés de ces objets (forme, design, fonctionnalité) sur lesquels on peut jouer pour qu'un objet animé devienne un "partenaire" à nos yeux ? Quels sont les outils, les savoirs, les technologies que l'on peut mobiliser ? Dans quelle mesure le protocole expérimental influence-t-il et contraint-il la conception ? Peut-on et doit-on envisager une conception frugale ? Quelle place pour l'utilisateur dans la conception ?

Expérimentation et observation : comment concevoir une expérience ? 

Comment bien comprendre ce qui se joue lors d’une interaction avec un objet animé ? Que peut-on mesurer, que peut-on évaluer, que peut-on observer ? Comment le faire de façon éthique ? Les approches qualitatives et quantitatives peuvent-elles se répondre, se nourrir, s'opposer ? Dans quelle mesure l'observation en milieu naturel permet-elle de dépasser les limitations des expérimentations en laboratoire ? Quels éléments contextuels influencent les expérimentations ? Quels sont les enjeux de l'interdisciplinarité dans le design expérimental ?

Analyse : qu’apprenons-nous de ces expériences ? 

Comment interpréter les données issues d'expérimentations avec des objets animés ? Quelle confiance accorder au témoignage des participants ? Quels sont les modèles, les théories et les outils d’analyse mobilisables ? Comment intégrer des méthodes d'analyses multiples et pluridisciplinaires ? Ces travaux peuvent-ils éclairer les usages croissants du numérique ? Quels problèmes éthiques et politiques soulèvent ces drôles d'objets ?

En outre, nous disposerons d'espaces de conception et d'expérimentation pour présenter les ateliers, démonstrations et installations sélectionnés, qui offriront des occasions de confronter les approches, d'affiner les questions et de prolonger les discussions.

Mots-clefs : arts, sciences, création, émotion, empathie, expérimentation, expression, intentionnalité, interaction, interdisciplinarité, interprétation, modèles, observation, perception, projection, robots.


Soumissions & formats

Les soumissions, 5000 signes, notes, espaces et bibliographies comprises, devront être envoyées avant le 2 novembre 2026. Elles devront préciser :

La discipline de l'auteur·ice 

À laquelle des trois questions la soumission s'adresse 

  • Conception de l'objet : à quoi doit ressembler un objet animé ? 
  • Expérimentation et observation : comment concevoir une expérience ? 
  • Analyse : qu’apprenons-nous de ces expériences ?  

Le type de soumission 

  • Présentation & table ronde 
  • Atelier 
  • Démonstration 
  • Poster ou installation

Dans l’esprit de la conférence, nous vous invitons à écrire des résumés qui ne s’adressent pas uniquement aux spécialistes de votre domaine, mais également à des chercheurs d’autres disciplines.

Les résumés 

  • sont présentés sous une forme dactylographiée Aptos (docx) ou Liberation Sans (odt) 12 points avec un interligne 1,15, 
  • comportent 5000 signes (espaces comprises, notes et références incluses).

Précisions 

  • Pas de références bibliographiques en note de bas de page. 
  • Les figures, graphiques ou diagrammes, sont accompagnés d’un numéro, d’un titre et/ou d’une légende. 
  • Les références dans le corps du texte et en bibliographie suivent les normes APA 7.

Dates importantes

2 novembre 2026 : date limite des soumissions 

Fin février 2027 : notifications aux auteurs 

5 avril 2027 : soumissions finales 

Avril 2027 : ouverture des inscriptions 

15 juin 2027 : fermeture des inscriptions 

30 juin - 2 juillet 2027 : conférence


Comité d'Organisation

Frédéric Alexandre, Virginie André, Salvatore Anzalone, Heike Baldauf-Quilliatre, Joffrey Becker, Samuel Bianchini, Arnaud Blanchard, Yann Boniface, Amine Boumaza, Lucie Conjard, Dominique Deuff, Olivier Duris, Alain Dutech, Valeria Giardino, Benoit Girard, Jean-François Grassin, Laeticia Gros, José Halloy, Xavier Hinaut, Justine Lascar, Guillaume Morel, Caroline Moricot, Ghiles Mostafaoui, Filipe Pais, Catherine Pelachaud, Alexandre Pitti, Manuel Rebuschi, Céline Rosselin-Bareille, Nicolas Rougier, Pierre Saint Germier, Lucien Tisserand, Serge Tisseron, Natacha Vas-Deyres, Frédéric Verhaegen, Denis Vidal, Julien Wacquez, Elisabetta Zibetti

mardi 30 juin 2026

Through the humanoid looking glass

Through the Humanoid Looking Glass: Limits and Shifts of Resemblance in Social Robotics

Joffrey Becker & Mathilda Gaulard

Epistémè, vol 38, n° 1

June 2026

https://e-episteme.org/journal/view.php?number=750

Social robots constitute a significant component of therapeutic mediation tools used with children diagnosed with autism spectrum disorder (ASD). Predominantly anthropomorphic, these robots are designed to facilitate interaction by relying on the simplicity of their expressive modalities, achieved through simplified and predictable behaviors. Their interactional simplicity makes them particularly valuable tools for healthcare professionals. Numerous studies highlight their potential benefits in supporting joint attention, imitation, and emotion recognition. Are anthropomorphic robots, however, truly an adequate means of addressing children’s difficulties? In this article, we show that although the anthropomorphic approach currently dominates the field, it presents several limitations that must be addressed. These limitations concern the cost and accessibility of such devices, their acceptability among children and professionals, their limited adaptability to the situated practices of care, as well as the additional technological workload they impose on caregivers. Drawing on an examination of social robotics applied to autism and its limitations, this article proposes to broaden the scope of inquiry by considering a conception of the social that is not restricted to face-to-face interaction but instead encompasses its multiple dimensions. As with any technical object, the design of mediation robots is shaped by networks of human, institutional, and symbolic relations that determine their uses and their effects. Based on a review of the main existing devices and on fieldwork conducted with healthcare professionals, we identify two principal models of mediation. We argue that these models do not always align with care practices and with the situated forms of knowledge on which such practices rely. We propose to explore a complementary pathway in mediation robotics. This approach is being developed within the framework of the Médiations Robotiques en Soins de Santé (MR2S) project. It is grounded in the design of non-anthropomorphic, softer, simpler, and cheaper technical devices that build upon the experience of healthcare professionals. Our approach pays particular attention to an aspect that remains relatively unexplored in social robotics applied to autism: sensoriality. The purpose of the project is to design robotic objects capable of enriching the therapeutic relationship while being sustainably integrated into existing care practices.

Keywords: Autism spectrum disorder, Therapeutic mediation, Sensoriality, Social robotics, Social uses of robots

dimanche 5 avril 2026

Journée Reconfigurations Robotiques

 


Journée Reconfigurations Robotiques
Organisée par Joffrey Becker & Julien Wacquez

avec le soutien de la revue Philosophia Scientiæ, de la chaire Artss (Ensea) et du PEPR O2R Robotique Organique

Lundi 4 mai 2026

Conférence en ligne

Inscription obligatoire

Les technologies dites intelligentes (robots, IA, systèmes automatisés) semblent s’imposer à nous de façon inexorable. Leur diffusion suscite une véritable effervescence collective nourrie de promesses, d’inquiétudes, de récits d’innovation ou d’asservissement, de scénarios eschatologiques… Dans ce contexte, il devient difficile de distinguer ce qui relève du réel ou de l’imaginaire.
Dans la continuité du cahier Reconfigurations Robotique dirigé par Joffrey Becker et Julien Wacquez pour la revue Philosophia Scientiæ, cette journée d'étude aborde les effets qu’ont ces objets dans des mondes sociaux aussi divers que l’agriculture, l’industrie, la prospective militaire, le jeu de Go, la science-fiction ou encore le droit. En s’appuyant sur la notion de reconfiguration, la journée permettra d’aborder comment l’automatisation transforme en profondeur les pratiques professionnelles, les savoirs experts, les institutions, mais aussi comment elle s’articule avec des représentations et des mises en récit.
Cette journée ouvre un espace de discussion interdisciplinaire autour des modalités d’existence des robots et des systèmes intelligents, les cultures épistémiques associées à leur conception, les bouleversements et les rapports nouveaux qu’ils provoquent, en se concentrant sur leurs dimensions matérielle, sociale et imaginaire. Elle vise à mettre au jour les reconfigurations en cours, tout en soulevant une question devenue désormais centrale : quelle société ces technologies sont-elles en train de construire ?

Programme

10h
Joffrey Becker (Ensea - ETIS) & Julien Wacquez (Charles University - ISS)
Introduction : L’automatisation des mondes sociaux

10h30
Chi-Min Oh (University of Oxford)
AI's Impact on the Go Community in South Korea: A Preliminary Study of AlphaGo's Legacy
Discutant : Thierry Wendling (CNRS - Héritages)

11h15
José Halloy (Université Paris-Cité - LIED)
Les robots : Une espèce en voie de disparition
Discutant : Guillaume Morel (Sorbonne Université - ISIR)

12h
Pause

14h
Brad Tabas & Jean Frances (ENSTA - Institut Polytechnique de Paris, EA 7529)
Les Variations Terminator : Entre anticipation et géopolitique des robots tueurs
Discutante : Serena Ivaldi (INRIA - LORIA)

14h45
Manuel Rebuschi (Université de Lorraine - AHP-PReST)
Un statut moral pour les robots. Relationnisme moral et antiréalisme intentionnel
Discutant : Julien Wacquez (Charles University - ISS)

15h30
Pause

15h45
Gaëtan Godefroy (Université Paris-Nanterre)
Etude des configurations de l’activité de l’agent de lubrification à mesure de l’extension de son automatisation
Discutante : Caroline Moricot (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne - CETCOPRA)

16h30
Nicolas Brault, Andrii Yatskul & Michel Dubois (Institut Polytechnique UniLaSalle - INTERACT UP 2018.C102 Research Unit)
The algorithm, the farmer and the agronomist: who is smart in Smart Farming?
Discutant : Joffrey Becker (Ensea - ETIS)

17h15
Fin




mardi 10 mars 2026

Towards a Symbiotic Society with Humans and AI

 


This event aims to open an interdisciplinary space for dialogue around the notion of symbiosis between humans and intelligent technologies, by examining the current and future forms of coexistence between people, machines, and artificial intelligence systems within society. Machines and AI systems have taken on an increasingly proactive role in our living environments. They are no longer confined to industrial or production contexts, but are now embedded in everyday life, extending into fundamental domains such as education, health and medicine, therapeutic support, creativity, artistic and cultural practices, as well as systems of belief. In these contexts, technologies no longer merely execute actions but participate in complex relational dynamics: they accompany, suggest, stimulate, and support human activity, while continuously adapting through interaction with human practices. This evolution gives rise to processes of co-adaptation in which humans and machines progressively align their modes of action and interaction. The goal of this event is to explore the conditions under which such relationships can become genuinely symbiotic, understood as positive, sustainable, and desirable forms of coexistence. By bringing together perspectives from neuroscience, robotics, anthropology, medicine, the arts, and the humanities, the event seeks to reflect on how forms of human–technology coexistence can be conceived and constructed in ways that support, rather than constrain, the societies of the future.

Watch on YouTube : https://youtu.be/fQv85vVllZo?si=6bD-ToGLI06Gt7Ow

mercredi 25 février 2026

Séminaire de la FHU BREATH : "Nouveaux regards sur le souffle"

 


Séminaire de la FHU BREATH 

Nouveaux regards sur le souffle

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Hôpital de la Pitié Salpetrière

Bâtiment Gosset

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Jeudi 26 mars 2026

Inscription obligatoire en suivant ce lien

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Objectifs : Enrichir et stimuler la réflexion interdisciplinaire et faire émerger des axes et projets de recherche communs autour du souffle, de la souffrance respiratoire et de l’innovation clinique, scientifique, technologique et artistique.

*

Programme

9h00 : Accueil & Café de bienvenue

9h30 - 10h15 : Ouverture de la journée et présentation de la FHU BREATH (Laure Serresse)

10h15 - 11h : Conférence sur l’invisibilité de la dyspnée (Thomas Similowski)

11h - 11h15 : Pause-café

11h15 - 12h30 : Conférence sur les facteurs humains en santé (Mr Christian Morel)

12h30-14h : Buffet déjeunatoire

14h-16h : Ateliers participatifs "Cartographier les questions de recherche"

  • Neurosciences et dyspnée (animé par Nathalie Nion et Liane Schmidt)
  • Art et Souffle (animé par Claire Attali et Joffrey Becker)
  • Médecine palliative et Souffrance respiratoire (animé par Adrien Evin et François Chaumier)

16h-17h : Restitution collective en plénière

17h-17h30 : Clôture prospective 

Philosophia Scientiæ, vol. 30, n° 1, Reconfigurations Robotiques


 

Philosophia Scientiæ, vol. 30, n° 1, Reconfigurations Robotiques

Dirigé par Joffrey Becker & Julien Wacquez

février 2026

https://doi.org/10.4000/15o0m


Sommaire

Joffrey Becker et Julien Wacquez 

L’automatisation des mondes sociaux

José Halloy 

Les robots : une espèce en voie de disparition

Jean Frances et Brad Tabas 

Les variations Terminator. Entre anticipation et géopolitique des robots tueurs

Nicolas Brault, Andrii Yatskul et Michel Dubois 

The Algorithm, the Farmer and the Agronomist: Who is Smart in Smart Farming?

Gaëtan Godefroy 

Étude des configurations de l’activité de l’agent de lubrification à mesure de l’extension de son automatisation

Chi-Min Oh 

AI’s Impact on the Go Community in South Korea: A Preliminary Study of AlphaGo’s Legacy

Jessica Lombard 

Valladolid, l’androïde et le grille-pain. Une controverse sur la mesure de l’humain dans Star Trek : The Next Generation

Manuel Rebuschi 

Un statut moral pour les robots. Relationnisme moral et antiréalisme intentionnel


dimanche 1 février 2026

Dessine-moi un robot / 20 - 21 mars 2026


 

Dessine-moi un robot

Atelier transverse

Nancy, 20 & 21 mars 2026

Ouvert aux étudiant·es en master et doctorat en psychologie, ergonomie, art, design, sciences du langage, anthropologie, sociologie, sciences cognitives, informatique, robotique, arts du spectacle…

Les robots et les systèmes interactifs gagnent progressivement en autonomie et en présence. Les effets de leurs comportements sur les relations humaines, les processus sociaux et les dynamiques interactionnelles restent cependant des questions centrales, qui impliquent de multiplier les approches et les points de vue.

Au croisement des arts et du design, des sciences et techniques de l’ingénieur, et des sciences humaines et sociales, cet atelier de deux jours propose un espace de conception pluridisciplinaire autour des objets interactifs.

L’atelier a pour but d’articuler différentes façons de penser la forme, le comportement, l’usage et le sens de ces objets. Il vise à créer un espace d’exploration esthétique et sensible, de modélisation technique et algorithmique, de design des interactions et de situations sociales. Son objectif est d’imaginer des robots d’un nouveau genre : des objets à comportement (au sens donné par Samuel Bianchini et Emanuele Quinz) qui se définissent moins par leur fonction que par leur manière d’agir dans et d’interagir avec l’environnement, sans reproduire les formes humaines ou animales.

Accompagné par un collectif réunissant le groupe Psyphine, l’Université de Lorraine, l’Institut des Maladies Neurodégénératives de Bordeaux, l’ISIR (Sorbonne Université), la Chaire ARTSS (ENSEA-ETIS) et l’ENSAD de Nancy, cet atelier de création a pour objectif de faire se rencontrer des étudiants de différentes disciplines pour imaginer de drôles d’objets ; de concevoir leurs formes, leurs mouvements, leurs caractéristiques interactionnelles, leurs effecteurs et leurs capteurs, voire le type d’expériences auxquelles ils pourraient participer.

Les objets imaginés durant ces deux journées serviront de base à la construction d’un robot par les étudiant·e·s de Sorbonne Université, qui sera testé auprès de publics divers.

Candidatures avant le 1er mars : formulaire en ligne

Contact et informations : hackpsyphine-contact[at]univ-lorraine.fr

samedi 17 janvier 2026

Appel à Communication : Atelier Confiance, méfiance, défiance et Techniques / AFEA – 2026


Appel à Communication

Congrès AFEA – 2026

Atelier : Confiance, méfiance, défiance et Techniques


Organisateur.ices

Luisa Arango Cuervo (SAGE – Université de Strasbourg), Joffrey Becker (ENSEA-ETIS – CY Cergy Paris Université), Sophie Chevalier-Hart (Habiter le Monde – UPJV), Marie Durand (LinCS – Université de Strasbourg), Paul-Fabien Groud (EVS – Lyon 2), Axel Guioux (EVS – Lyon 2), Evelyne Lasserre (EVS – Lyon 1), Céline Rosselin-Bareille (Habiter le Monde – UPJV), Julien Wacquez (ENSEA-ETIS – CY Cergy Paris Université)

*

En matière de technique, confiance et méfiance pourraient se situer aux différentes extrémités d’un même continuum qui va respectivement de la technophilie à la technophobie. L’approche critique des techniques a été jusque-là surtout le fait de philosophies, de sociologies ou d’histoires des techniques tandis que l’anthropologie s’attachait surtout à développer ses outils méthodologiques, comme la chaîne opératoire, et à débattre des cadres conceptuels pertinents à leur analyse davantage que de la technique elle-même. Sans doute, la prise en charge des questions environnementales, décoloniales et féministes par une certaine anthropologie est-elle en train de rebattre les cartes. Aussi, la défiance à l’égard des techniques s’invite-t-elle au coeur des travaux qui mettent en évidence les effets délétères des activités extractives (voir une littérature anglosaxonne particulièrement prolifique depuis les années 2010) et des infrastructures industrielles (Tsing, Deger, Keleman Saxena, Zhou, 2025) ou l’illusion de la dématérialisation du numérique (Horts et Miller, 2012). Difficile donc, comme le rappelaient Jarrige, Le Courant, Paloque-Bergès (2018), à propos des infrastructures, d’extraire les techniques des enjeux politiques, sociaux mais aussi économiques, qui les sous-tendent.

Pour autant, nous nous intéresserons à la confiance, méfiance et défiance à l’échelle des êtres humains et des collectifs impliqués dans la production, l’entretien/maintenance, l’évaluation/suivi, de la confiance en les techniques ; autant d’activités qui participent à redéfinir les compétences et les expertises (voir les travaux de Goyon sur le Do It Yourself, 2016).

Lors de cet atelier, nous nous demanderons comment la technique permet-elle de travailler le trio confiance-méfiance-défiance et dans quelle mesure le traitement des techniques en termes de confiance, de méfiance et de défiance vient-il réinterroger l’anthropologie aux niveaux méthodologique, analytique et épistémologique ? Enfin, cette thématique pourra également être réfléchie au prisme des sollicitations du monde public et privé (financement de la recherche) de l’innovation technique : comment l’anthropologie se positionne-t-elle dans le concert des financements, pour dire et faire quoi ?

Avant de proposer des pistes que pourront suivre les propositions, nous nous permettons de mentionner quelques réflexions d’ordre général sur la confiance, la méfiance et la défiance dont certaines ont déjà été travaillées par des collègues.

La publication d’Allard, Carey et Renault (2016) consacrée à la méfiance nous invite – bien que les techniques n’ait pas trouvé place dans la livraison ─ à ne pas réduire son approche aux seules fonctions qu’elle serait socialement susceptible de remplir, comme cela a été largement privilégié pour la confiance ; à prendre garde de ne pas considérer la méfiance comme une absence ou un défaut de confiance et la confiance comme étant une simple opération de calcul (Lagerspetz, 1998 ; Quéré, 2024) ; à ne pas les affubler systématiquement de valeurs négatives pour la première et positives pour la seconde ; toutes deux, ainsi que la défiance, ne sont pas uniquement des réactions, mais génèrent aussi « des émotions et des stratégies, des sentiments et des actions ». Ce faisant, ce parti pris encourage à investiguer l’échelle microsociale, mais pas exclusivement la dimension cognitive, des confiance, méfiance et défiance. Nous proposerons ici de montrer comment ces dernières sont bien matérialisées dans des objets, dispositifs, infrastructures, techniques et ne sont pas simplement une disposition à leur acceptation.

Il sera également intéressant de voir en quoi la technique est elle-même productrice de confiance et de méfiance ; il s’agira alors de ne pas positionner ces dernières exclusivement comme critères explicatifs des faits techniques et des usages, mais d’en saisir aussi l’émergence à partir des techniques.

Nous invitons les propositions à s’illustrer dans des ethnographies particulières sans pour autant fermer la porte aux propositions pluridisciplinaires. Celles-ci pourront s’inscrire dans différents questionnements qui ne sont pas exclusifs les uns des autres :

(1) Les interactions entre corps - matériaux - techniques et environnements. A l’échelle des corps, la confiance participe à l’aisance avec laquelle les corps outillés agissent quotidiennement. Aussi, pannes, perturbations et autres dysfonctionnements sont-ils vécus comme des moments de remise en cause de la confiance en la technique (Guioux et Lasserre, 2026) et constituent-ils des situations heuristiques passionnantes pour penser les confiance-méfiance-défiance (par exemple, dans les interactions humains-robots, Wacquez, Zibetti, Becker et al., 2025). Dans les environnements qui nécessitent une vigilance importante, la confiance a fort à voir avec le contrôle comme l’a montré Moricot (1999, 2019) : reprendre confiance, c’est alors reprendre la main sur le dispositif technique. Comment les environnements jouent-ils spécifiquement sur la place de la confiance et de la méfiance à l’égard de ces dispositifs ? Comment la sensorialité intervient-elle dans leur évaluation (Moricot et Rosselin-Bareille, 2021) ? Comment « sentir ou ne pas sentir » le collègue de travail, la situation, la technique deviennent-ils déterminants (Rosselin-Bareille, 2023) pour ajuster ce qui, pour la réussite de l’action, ne saurait être ni excès de confiance, ni surplus de méfiance ? Quel est le rôle des matériaux dans la confiance ? Quelles places pour l’erreur humaine ou mécanique (Chibois, 2021) ? Quelle possible délégation de confiance ? En quoi / en qui avons-nous le plus confiance ?

(2) Les liens entre visibilisation / invisibilisation et confiance, méfiance ou défiance. De nombreuses infrastructures sociotechniques fonctionnent précisément par leur invisibilité ordinaire (Star, 1999), qu’il s’agisse de réseaux réticulaires complexes (Chevalier et Faeber, à paraître), de lignes de code intégrées à des robots, de cartes perforées des métiers à tisser (Carraro, 2019) ou encore de l’accumulation de couches électroniques et logicielles qui « parasitent aujourd’hui le moindre appareil » (Crawford, 2009/2016). Ces dispositifs rendent difficile, voire impossible, la reconstitution de la traçabilité des chaînes techniques et des acteurs impliqués, comme le montrent les travaux récents sur l’« écologie du smartphone » (Allard, Monin et Nova, 2022). Dans ce contexte, voir ou ne pas voir n’implique pas mécaniquement plus ou moins de confiance : la confiance peut reposer aussi bien sur l’opacité routinisée que sur des formes partielles de dévoilement. Les injonctions contemporaines à la transparence ou à l’explicabilité (par exemple, dans le domaine des technologies numériques et robotiques) posent ainsi question : visent-elles réellement à produire de la confiance, ou constituent-elles des dispositifs symboliques de légitimation face à une opacité structurelle des systèmes techniques (Fazi, 2021) ?

(3) Les temporalités. Il est indispensable de penser les techniques dans leur rapport au temps, la confiance se construisant à travers des projections, des promesses, des mises à l’épreuve. Le temps structure croyances et pratiques, qu’il prenne la forme de la promesse d’un futur bonifié par le progrès technique ou qu’il rassure par sa stabilité ou l’illusion de sa permanence. Evolutionnisme social stratifié par la technique, croyance, voire idéologie, du progrès, promesses, a-temporalité du solutionnisme technologique, ne doivent pas nous empêcher de nous interroger aussi sur l’ici et maintenant des techniques du quotidien. Comment penser la confiance dans la technique à travers les activités de création, de maintenance, de réparation, de préservation, de conservation ? Comment, enfin, tenir ensemble les différentes échelles temporelles du pérenne, de la stabilité, du durable, voire du trop durable (« déchets techniques », urbex, etc.) et celle de l’obsolescence programmée (Guien, 2019) ?

Les propositions (un titre, un résumé de 1500 signes; environ 5 références bibliographiques, précisant nom, courriel et rattachement institutionnel) seront envoyées avant le 24 janvier à : evelyne.lasserre@univ-lyon1.fr Et pf.groud@univ-lyon2.fr


Références bibliographiques

Allard O., Carey M. et R. Renault (dir.), 2016, « Méfiance », Tracés, 31, https://journals.openedition.org/lectures/22458.

Allard L., Monin A. et N. Nova (dir.), 2022, Écologies du Smartphone, Carignan-de-Bordeaux, Le Bord de l’eau.

Chevalier S. et A. Faeber (dir.), à paraître, « Les promesses des infrastructures urbaines. Regards ethnographiques », ethnographiques.org.

Carraro F., 2019, « Dans la peau d’un fil, savoir tisserand et écriture dans les programmes, informatiques de simulation 3D du tissage aux tablettes », Techniques & Culture, 71, https://doi.org/10.4000/tc.11240

Chibois J., 2021, « Le vote électronique à l’Assemblée », Techniques & Culture [En ligne], Suppléments aux numéros, mis en ligne le 04 janvier 2021, consulté le 28 novembre 2025. URL : http://journals.openedition.org/tc/13224.

Crawford M. B., 2009/2016, Eloge du carburateur. Essai sur le sens et la valeur du travail, Paris, La Découverte.

Fazi, M. B., 2021, « Beyond human: Deep learning, explainability and representation », Theory, Culture & Society, 38(7-8), pp. 55-77.

Goyon M., 2016, « L’obsolescence déprogrammée : prendre le parti des choses pour prendre le parti des hommes », Techniques & Culture [En ligne], Suppléments aux numéros, mis en ligne le 31 octobre 2016, consulté le 28 novembre 2025. URL : http://journals.openedition.org/tc/7983.

Groud P. F., Guïoux A. et E. Lasserre, 2026 (à paraitre), « Usages technologiques partagés : Vers une humilité exo-ortho-prothétique », chapitre de l’ouvrage dirigé par Nathalie Nevejans, Regards croisés en SHS sur les exosquelettes. Usages, enjeux et perspectives, Université d’Artois.

Guien J., 2019, Obsolescences : philosophie des techniques et histoire économique à l’épreuve de la réduction de la durée de vie des objets, ss la dir. de B. Bensaude-Vincent, Thèse de Doctorat Université Panthéon-Sorbonne - Paris I.

Guïoux A. et E. Lasserre, 2026, « HAL peut-il danser seul ? Exosquelette, corps et interface étendue », Corps, 23(1).

Horst H. et Miller D., 2012, « Normativity and materiality: a view from digital anthropology », Media International Australia, 145, pp. 103-111.

Jarrige F., Le Courant S. et C. Paloque-Bergès, 2018, « Infrastructures, techniques et politiques », Tracés, 35, pp. 7-26.

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